On y est tous passé. Vous vous faufilez discrètement dans le salon, prêt à déployer votre plan d’attaque. La mission ? Éteindre la télévision sans déclencher une crise nucléaire digne de la guerre froide. La cible ? Votre chère progéniture, absorbée par le dernier épisode de « Paw Patrol » ou « Fortnite ». Vous vous racler la gorge, puis avec un sourire que vous espérez réconfortant, vous lancez : « Chéri, il est temps d’éteindre la télé ». Et BOUM ! C’est le drame. Mais n’ayez crainte, chers parents. Aujourd’hui, je vous offre quelques outils pour traverser ces crises « écrans » avec panache grâce à nos chers amis, Faber et Mazlish.
I. Qui sont Faber et Mazlish et pourquoi leurs méthodes peuvent-elles nous aider ?
Pour les nouveaux sur le blog, Adèle Faber et Elaine Mazlish sont nos alliées dans le monde parfois déroutant de la parentalité. Ces deux dames ont écrit une série de livres offrant des outils pratiques pour communiquer avec nos enfants. Leurs méthodes, qui comprennent l’écoute active, la compréhension mutuelle, la gestion des conflits, l’encouragement de l’autonomie et une communication positive, sont d’une aide précieuse dans de nombreuses situations – y compris la fameuse « crise de l’écran ». Je vous invite à lire mon article Faber et Mazlish : communication parent-enfant, pour en savoir davantage.
II. Méthodes Faber et Mazlish pour gérer l’exposition aux écrans
Laissez-moi vous donner un aperçu de comment ces principes peuvent être appliqués à notre scénario :
- Écoute active : Avant de simplement ordonner à votre enfant d’éteindre l’écran, tentez de comprendre son point de vue. Dites quelque chose comme : « Tu as l’air vraiment absorbé par ton jeu. C’est difficile de s’arrêter, n’est-ce pas ? ».
- Compréhension mutuelle : Une fois que vous avez reconnu les sentiments de votre enfant, exprimez les vôtres. « Je comprends que tu aimes ton jeu, mais il est tard et il est important d’avoir du temps pour se reposer avant le dodo. »
- Gestion des conflits : Si votre enfant résiste, utilisez la technique du « je » pour exprimer vos sentiments sans blâmer. Par exemple : « Je me sens inquiet quand tu passes trop de temps devant l’écran, car j’ai peur que tu ne te reposes pas assez. »
- Encouragement de l’autonomie : Plutôt que d’imposer une règle, proposez un choix. « Veux-tu éteindre la télé maintenant ou après cette partie ? »
- Communication positive : Terminez toujours sur une note positive. « Je sais que tu peux faire le bon choix. Et demain, nous aurons encore du temps pour la télé. »
III. Mise en pratique : l’heure d’éteindre la télé
Imaginez ce scénario : votre petit est devant l’écran, captivé par sa série favorite. Vous utilisez les techniques de Faber et Mazlish. Vous vous approchez et lui dites doucement : « Je vois que tu aimes beaucoup cette série. C’est vraiment passionnant, n’est-ce pas ? » Il acquiesce, sans quitter l’écran des yeux.
Vous continuez alors : « Je comprends que tu adores ce dessin animé, mais il est tard et nous devons avoir du temps pour nous préparer pour le dodo. » Il grogne un peu, mais il ne se met pas en colère. C’est déjà un progrès.
Maintenant, la gestion des conflits. Vous dites : « Je ne me sens pas tranquille quand tu restes si longtemps devant l’écran, j’ai peur que tu ne te reposes pas assez. Je pense que c’est important d’être bien reposé pour passer une bonne journée à l’école demain. »
Ensuite, vous proposez un choix : « Veux-tu éteindre la télé maintenant ou après la fin de cet épisode ? ». Il réfléchit un moment puis déclare : « Je l’éteindrai après cet épisode. »
Enfin, vous terminez sur une note positive : « Je suis fier(e) de toi. Je sais que tu peux faire le bon choix. Et rappelle-toi, nous aurons encore du temps pour la télé demain. »
IV. Quand la crise arrive
4.1. La situation
Votre petit Louis, 6 ans, a du mal à lâcher sa tablette, en plein milieu de son jeu préféré. « Louis, il est temps d’arrêter la tablette maintenant. » Vous essayez d’être aussi doux que possible. Mais c’est comme si une bombe a explosé. Louis commence à crier, à pleurer, à taper des pieds. « Non ! Non ! Je ne veux pas ! Laissez-moi tranquille ! »
Face à ce chaos, vous pourriez facilement perdre votre sang-froid. Mais voici comment vous pouvez gérer cette situation en utilisant les principes de Faber et Mazlish, ainsi que ceux de l’éducation bienveillante.
4.2. L’approche de Faber et Mazlish
Avant d’exposer point par point la « gestion » de la situation, je dirais que dans l’idéal la première chose à avoir en tête, c’est l’anticipation. Si vous savez que pour votre enfant c’est compliqué d’arrêter en plein milieu de sa partie, donnez-lui dès le départ une limite : tel nombre de parties, ou tel durée de jeu. Parfois, malgré ces précautions, la frustration est trop grande. Voici alors quelques pistes pour vous aider (j’ai bien dit quelques pistes et pas de recette miracle 😂).
1. Accueillez les sentiments pénible
Au lieu de réprimer la colère, acceptez-la. « Oh, je vois que tu es très fâché. Tu adores ce jeu et tu ne veux pas t’arrêter. » En validant ses sentiments, vous l’aidez à se sentir entendu et compris, ce qui est le premier pas vers le calme.
2. Partagez vos préoccupations
Ensuite, exprimez vos propres sentiments et inquiétudes : « Je m’inquiète quand je te vois jouer si longtemps sur ta tablette. J’ai peur que tu n’aies pas assez de temps pour faire d’autres activités importantes comme lire ou jouer dehors. »
3. Offrez un choix
Proposez à Louis un choix : « JE sais que c’est difficile pour toi. Que dirais-tu de mettre un minuteur pour les 10 dernières minutes de jeu ? Ou préfères-tu terminer après ce niveau ? »
4. Encouragez l’autonomie
Encouragez Louis à prendre la décision elle-même. « Je crois en toi. Tu es un grande et je sais que tu peux faire le bon choix. »
5. Terminez sur une note positive
Enfin, finissez par une note d’encouragement : « Je suis fier de toi pour avoir réussi à gérer tes émotions. N’oublie pas que nous pouvons toujours jouer à ce jeu demain. Pour l’instant, que dirais-tu si nous lisions ton livre préféré ensemble ? »
Il se peut que Louis continue à pleurer et à crier. Mais en utilisant ces techniques, vous êtes en train de lui montrer que vous comprenez sa frustration, que vous respectez ses sentiments et que vous êtes là pour l’aider. Avec le temps et la répétition, Louis apprendra à gérer ses émotions et à faire des choix plus adaptés.
A titre informatif, je vous invite à consulter l’article suivant : Les écrans, les médias et nous… Parents, enfants, grands-parents : comment en faire bon usage ?
Conclusion
Le respect des sentiments de l’enfant, le partage de vos propres préoccupations, l’offre de choix et la fin sur une note positive peuvent rendre la transition loin de l’écran plus douce et moins dramatique. C’est un processus qui demande de la patience, mais avec de la pratique, vous pouvez transformer la « crise de l’écran » en une opportunité de communication enrichissante et respectueuse avec votre enfant.
Chaque enfant étant unique, je vous invite à adapter ces conseils à votre propre situation. Sentez-vous libre de poser vos questions ou de partager votre expérience dans les commentaires !