Le TDAH : diagnostic d’un enfant agité ?

Il est souvent facile de réduire le diagnostic de TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) à une simple agitation enfantine. Or, il s’agit d’un trouble bien plus complexe. De plus, il est important de ne pas le confondre avec un comportement temporaire ou réactionnel. J’ai consacré le début de la semaine à casser les mythes autour du TDAH et à situer le TDAH dans l’histoire. Dans cet article, je dresse une sorte de « carte d’identité » du TDAH et vous aider à comprendre ce que c’est réellement. Prêt à en savoir plus ? Allons-y !

TDAH ou diagnostic d'un enfant agité

I. Définition du TDAH

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui touche environ 4 à 6% des enfants et 2 à 4% des adultes. Il est plus fréquent chez les garçons à l’enfance. Cela s’explique par le fait qu’il est moins bien repéré chez les filles. A l’âge adulte, il touche autant les hommes que les femmes. Ses causes sont multiples, mais une composante génétique est présente dans 80% des cas. Il se manifeste par des troubles de l’attention, une hyperactivité, et une impulsivité. Le comportement d’un enfant ayant TDAH n’est pas volontaire. Au-delà de l’hyperactivité, le trouble de l’attention est le symptôme le plus marquant chez la majorité des enfants atteints de TDAH.

II. Facteurs de risque et conséquences

Les causes précises du TDAH sont encore mal connues. Néanmoins, plusieurs facteurs semblent être impliqués :

  • Facteurs génétiques : Il a été démontré que le TDAH a une forte composante héréditaire. Plusieurs gènes, dont la plupart sont liés à la fonction de neurotransmetteurs dans le cerveau, ont été associés à ce trouble.
  • Facteurs environnementaux : Les expositions à certaines substances pendant la grossesse, comme le tabac et l’alcool, peuvent augmenter le risque de TDAH chez l’enfant. De même, l’exposition au plomb ou à d’autres substances toxiques dans la petite enfance peut également être un facteur.
  • Facteurs de développement : Certaines études ont suggéré qu’une faible poids à la naissance, une naissance prématurée, ou des complications lors de l’accouchement peuvent augmenter le risque de TDAH.

Les conséquences du TDAH sont nombreuses et peuvent affecter tous les aspects de la vie de l’individu. Elles incluent des difficultés dans les interactions avec autrui, des conflits et des bagarres, des ruptures familiales, des difficultés et des échecs scolaires, du harcèlement scolaire et des conséquences professionnelles telles que le chômage.

III. Les critères du diagnostic de TDAH ?

Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) pose les critères diagnostiques du TDAH. Pour les enfants de moins de 17 ans, il faut que six ou plus des symptômes aient persisté pendant au moins six mois. Pour les adultes et les adolescents de 17 ans ou plus, cinq ou plus des symptômes sont nécessaires. Les symptômes peuvent inclure des difficultés à maintenir l’attention, des problèmes d’organisation, une agitation excessive, un comportement impulsif, et une tendance à interrompre les autres.

IV. Évaluation et diagnostic du TDAH en France

En France, le diagnostic du TDAH nécessite une évaluation approfondie par une équipe de professionnels de la santé. Cette évaluation peut inclure des questionnaires remplis par les parents, les enseignants et parfois l’enfant lui-même, des entretiens avec l’enfant et sa famille, des observations comportementales, et des tests psychologiques et cognitifs.

V. Quelles échelles ?

En France, nous avons plusieurs outils d’évaluation. Voici quelques-unes des échelles les plus couramment utilisées : 

  • L’échelle de Conners : Il s’agit de l’une des échelles les plus largement utilisées. Elle comprend plusieurs versions conçues pour les parents, les enseignants et les adolescents. L’échelle évalue une gamme de comportements tels que l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité. 
  • La Scale for Assessment of Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder (ADHD Rating Scale). Elle évalue en fonction des critères diagnostiques du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM).
  • La Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ). C’est une échelle qui évalue non seulement les symptômes du TDAH, mais aussi d’autres aspects du comportement et du bien-être de l’enfant.

Ces échelles ne sont pas suffisantes à elles seules pour poser un diagnostic de TDAH. Une évaluation clinique approfondie, qui comprend une anamnèse complète, des observations comportementales, et peut également inclure des tests cognitifs et des évaluations du fonctionnement académique, social et émotionnel de l’enfant doivent venir en complément.

VI. Les grandes étapes vers le TDAH

Le processus de diagnostic peut varier légèrement d’un pays à l’autre, mais les étapes de base restent généralement les mêmes. En France, les principales étapes vers le diagnostic du TDAH sont décrites par la Fédération Française des DYS et le site de la Haute Autorité de Santé.

6.1. Présentation des symptômes

Tout d’abord, les signes du TDAH peuvent commencer à apparaître dès l’âge de 3 à 6 ans. Les symptômes se manifestent généralement dans plus d’un contexte (par exemple à la maison, à l’école), et comprennent généralement une inattention persistante, une hyperactivité et/ou une impulsivité qui sont plus fréquentes et sévères que ce qui est typique pour l’âge et le niveau de développement de l’enfant.

6.2. Consultation initiale

Si un parent, un enseignant ou un autre soignant remarque ces symptômes, l’étape suivante consiste généralement à consulter. Il peut s’agir d’un médecin, généralement un pédiatre ou un médecin généraliste. Lors de cette consultation, le médecin peut poser des questions sur les symptômes, l’histoire médicale et le comportement de l’enfant à la maison et à l’école.

6.3. Évaluation multidisciplinaire

Si le médecin suspecte le TDAH, il peut diriger l’enfant vers une équipe de spécialistes pour une évaluation multidisciplinaire. Cette équipe peut comprendre des psychologues, des psychiatres, des neuropsychologues et d’autres professionnels de la santé. L’évaluation peut comprendre des entretiens avec l’enfant et sa famille, des observations comportementales, et des tests psychologiques et cognitifs.

6.4. Exclusion des autres conditions

Il est important d’exclure d’autres conditions qui peuvent causer des symptômes similaires au TDAH. Je vous en parle des diagnostics différentiels dans un prochain article.

6.5. Diagnostic

Si l’évaluation révèle que l’enfant répond aux critères diagnostiques du TDAH, un diagnostic de TDAH peut être posé. En France, selon le guide de la HAS, le diagnostic doit être confirmé par un médecin spécialiste comme un pédopsychiatre ou un neuropédiatre.

VI. Les comorbidités

Le TDAH ne survient que rarement isolément. Dans de nombreux cas, il existe d’autres troubles qui peuvent être présents en même temps. C’est ce qui est appelé « comorbidité ». Il est essentiel de reconnaître et de traiter ces autres conditions pour assurer une prise en charge complète du patient. Voici quelques-uns des troubles les plus couramment associés au TDAH :

  • Troubles de l’Opposition avec Provocation (TOP) : Ce trouble se caractérise par un comportement défiant, hostiles et négatifs envers les figures d’autorité. Les enfants avec TOP peuvent argumenter avec les adultes, refuser les règles et perturber délibérément les activités des autres.
  • Troubles anxieux : Ces troubles sont caractérisés par une anxiété excessive et des craintes qui peuvent interférer avec la vie quotidienne.
  • Trouble Dépressif Majeur (TDM) : Il s’agit d’un trouble de l’humeur caractérisé par une humeur dépressive persistante et une perte d’intérêt ou de plaisir dans les activités habituelles.
  • Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) : Ce trouble neurodéveloppemental se caractérise par des difficultés de communication et d’interaction sociale, ainsi que par des comportements, des intérêts ou des activités répétitifs.
  • Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC) : Ce trouble se caractérise par des obsessions (pensées oudées intrusives et indésirables) et des compulsions (comportements répétitifs ou actes mentaux que la personne se sent poussée à effectuer).
  • Trouble Bipolaire : C’est un trouble de l’humeur caractérisé par des épisodes maniaques (épisodes d’humeur extrêmement élevée, d’énergie et d’agitation) et dépressifs.

Conclusion

En conclusion, le TDAH est bien plus qu’une simple agitation enfantine. C’est un trouble complexe qui nécessite une évaluation professionnelle et une gestion adaptée. En comprenant les symptômes et les processus de diagnostic, cela peut contribuer à améliorer la qualité de vie de ceux qui vivent avec le TDAH. Restez à l’écoute, j’ai encore trois articles sur cette thématique qui vous attendent !

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